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Un vaccin suisse contre le coronavirus

La Suisse pourrait être le premier pays à proposer un vaccin contre le coronavirus. C’est en tous cas ce qu’espère une équipe de chercheurs de l’université de Berne. Entretien avec le Docteur Monique Vogel, membre de l’équipe médicale et Docteur de l’institut de microbiologie de l’université de Berne.


Le Correspondant : votre équipe est sur le point de réussir le tour de force de trouver un vaccin contre le coronavirus. Où en êtes vous dans vos travaux ?

Monique Vogel : Nous avons commencé à tester des particules contre le coronavirus au mois de février. Par la suite, nous avons fini par fabriquer un prototype de vaccin, qui s’est révélé efficace. Les tests en laboratoire, sur des souris, ont montré une réponse immunitaire salutaire, contre le coronavirus. Et l’effet neutralisant des anticorps obtenus sont des résultats prometteurs.Pouvez-vous nous en dire davantage sur ce vaccin ?Ces particules, nous les connaissons bien, pour les avoir déjà utilisées dans l’élaboration d’autres vaccins, contre d’autres maladies infectieuses, comme la malaria et la dengue. Ils sont également utilisés contre des pathologies chroniques, telles que le diabète et l’allergie. Ou encore l’hépatite ou du papilloma. Ces vaccins sont sûrs et bien tolérés chez l’humain. Selon le Professeur Bachmann, votre collaborateur,  ce vaccin contre le coronavirus sera prêt vers le mois d’octobre, en Suisse… 

Il faut savoir que pour mettre sur le marché un nouveau vaccin, il faut compter environ deux à trois ans, c’est le temps minimal requis pour mener à bien toutes les études cliniques. Mais au vu de l’urgence qui s’impose à nous, les autorités sanitaires ont accepté de raccourcir certaines étapes. Pour ce qui est de la commercialisation de ce vaccin, tout dépendra des résultats que nous aurions obtenus, dans les prochaines semaines. S’ils sont probants, nous pensons commencer à mettre en place des phases d’essais cliniques à partir du mois d’août. Et, si les essais sont bons, une campagne de vaccinations sur la population suisse pourrait être envisagée à partir de fin octobre.

Et hors territoire helvétique ?

Sur le marché mondial, ce serait, plutôt, au début de l’année prochaine. Mais cela dépendra des moyens qui seront mobilisés pour produire le vaccin et pour l’exporter dans les pays intéressés. Pour le moment, nous sommes encore en discussion avec les infrastructures indispensables à la production et à la commercialisation de ce vaccin. Nous faisons partie d’un consortium regroupant les deux hôpitaux universitaires de Berne et de Zürich et la fondation USZ. Cette  organisation caritative, de l’hôpital de Zürich, a exprimé son intérêt à soutenir notre recherche.

En attendant le vaccin, différents traitements sont testés dans le monde, comme la thérapie à base de chloroquine, lancée par le Dr. Didier Raoult de l’IHU de Marseille, en France. Que dites-vous de ce médicament et de son efficacité contre le coronavirus ?

Il est vrai que différents modes d’actions de la chloroquine sur le virus ont été avancés. En effet, il est dit que la chloroquine pourrait interférer avec l’entrée du virus dans les cellules et qu’elle aurait des propriétés à un stade ultérieure de la maladie. Grâce à ses mécanismes d’acidification, qui permettent la libération de l’ADN du virus dans les cellules. Cependant, des études cliniques, avec des contrôles placebo adéquats, sont toujours en cours, pour évaluer l’effet thérapeutique de la chloroquine. Jusqu’à présent, il y a eu un manque d’essais cliniques, pour mesurer son efficacité et ses effets secondaires. Car la chloroquine est toxique, lorsqu’elle est prescrite à forte dose. Tous ces facteurs font que l’utilisation de ce traitement reste controversée et limitée au domaine hospitalier. En Suisse, par exemple, elle est utilisée dans certains milieux hospitaliers, principalement et uniquement pour traiter des cas sévères. Mais on peut comprendre qu’au vu de l’urgence de la situation, tout médicament, qui offre un espoir de guérison, puisse être utilisé.

 

Pourquoi ce virus est-il si difficile à vaincre. Aurait-il pu être créé en laboratoire ? Avez-vous trouvé des séquences du VIH dans son ARN, comme le confirme le Professeur Montagnier, prix Nobel de Médecine ?

Je pense qu’il est plus difficile à vaincre du fait de sa contagiosité très développée. C’est un virus se transmet facilement, même par les porteurs asymptomatiques. Car sa période d’incubation est entre 5 à 14 jours. Et pendant tout ce temps, la contagion est active.  De plus, un porteur du coronavirus peut contaminer jusqu’à 2,5 personnes. C’est toute la différence avec la grippe saisonnière. Bien qu’elle se manifeste par les mêmes symptômes, elle est moins offensive, en terme de contagiosité. Quant à savoir s’il y a des séquences du VIH dans son ARN, je ne peux répondre, car je n’ai pas travaillé avec le génome du virus.

Comment la Suisse a-t-elle géré cette crise sanitaire ? Le pays, a-t-il décrété le confinement de la population ?

En Suisse, le Conseil fédéral a décrété un semi-confinement : la population était priée de rester le plus possible chez elle et de privilégier le travail à domicile. Depuis le 11 mars, tous les magasins, hormis les alimentations générales, sont fermés. L’ouverture est prévue pour le 11 mai. Le Conseil fédéral a prévu trois étapes de déconfinement : première étape, le 28 avril, avec la réouverture des cabinets de physiothérapie, des médecins, les instituts de beauté, les coiffeurs … La deuxième étape interviendra le 11 mai, avec la réouverture des écoles et tous les autres magasins. Puis, le 8 juin, ce sera la troisième étape. A cette date, les écoles supérieures pourront accueillir, à nouveau, leurs étudiants. En revanche, on ne connait toujours pas le calendrier de réouverture des restaurants, des cafés et autres lieux publics, tels que cinémas, salles sportives, théâtre…  Tout comme les rassemblements de plus de 5 personnes : ils restent interdits jusqu’à nouvel avis.

 

Comment expliquez-vous le fait que le nombre de décès du coronavirus est plus important en France par rapport à la Suisse ? (au 23 avril, la France a enregistré 21340 alors que la Suisse 1549)

Il est difficile de répondre à cette question. Cela viendrait, peut-être, du fait qu’en France, il y a eu plusieurs foyers d’infection à partir desquels l’épidémie s’est propagée. Cela pourrait venir aussi de la concentration de la population, qui favorise la propagation du virus. Elle est plus importante en France qu’en Sui

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