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Municipales à Draguignan : François Gibaud, le 3ᵉ homme de la droite

François Gibaud, candidat aux élections municipales 2026, à Draguignan, dans le Var.
François Gibaud, candidat aux élections municipales 2026, à Draguignan, dans le Var.

 

Mauvaise nouvelle pour Richard Strambio, maire de Draguignan et candidat à sa propre succession. Mercredi dernier, son fidèle argentier depuis 2014, François Gibaud, a fait casaque. Du moins en apparence. Il sera candidat à la mairie. Une annonce confirmée par Nice-Matin le 28 janvier 2026, et qui a fait l’effet d’un pavé bien lourd dans le jardin municipal.

Gibaud conduira une liste divers droite au nom aussi consensuel qu’ambitieux — « Notre seul projet, c’est Draguignan ». Il s’invite ainsi dans une course déjà bien encombrée : Strambio (divers droite), Schreck (RN) et Terras (Les Uni-e-s). Les lignes bougent, et l’addition commence à piquer.

 

Gibaud n’est pas un bleu. Il présente chaque année les budgets de la ville et connaît les dossiers sur le bout des doigts. Ancien directeur administratif et financier à l’UPV, il navigue depuis longtemps dans les cercles économiques locaux. C’est un professionnel, un technicien qui a choisi le terrain de la compétence plutôt que celui des joutes politiques. Et pourtant, son entrée dans la course tombe comme un pavé dans la mare.

 

À Draguignan, ça bruisse. Gibaud trahit-il son camp ? Ou invente-t-il un nouveau camp ? Certains murmurent que Strambio a soufflé à son oreille pour diviser l’extrême droite et affaiblir Schreck. D’autant que, sur le papier, le programme de Gibaud semble calqué sur celui de Schreck. Trop ressemblant. Mais la théorie s’effondre vite.

Face à Strambio, Gibaud ne fait pas dans le fleuret moucheté. Il attaque. Il fonce. Il met à nu les finances, la sécurité, les choix culturels — tout ce qui a nourri son ressentiment après son passage à la mairie.

 

Moralité : l’idée d’une manipulation orchestrée par l’équipe de Strambio ne tient pas. Ce serait, en réalité, un sabordage public de sa propre stratégie.

 

D’autres pensent que Gibaud a senti le vent tourner et cherche à surfer sur la vague du RN. Certains y voient même un « décrochage » orchestré par Schreck. Là encore, son programme semble leur donner raison : sécurité, routes, propreté et emploi en priorité, culture reléguée au second plan. Un copier-coller stratégique, tout ce dont Schreck a besoin pour séduire au second tour. Mais à ce stade, rien ne vient confirmer un rapprochement entre les deux hommes, si ce n’est une sensibilité commune aux thèmes sécuritaires, désormais le mantra de la droite locale.

 

Reste l’hypothèse la plus simple : un retrait authentique, motivé par de véritables divergences. Une petite secousse dans la majorité municipale, certes, mais qui pourrait se transformer en véritable tremblement de terre en mars prochain. Une secousse qui redistribuerait les cartes, fragiliserait les alliances et obligerait chacun à revoir sa copie.

 

Et pour le dire sans détour, c’est un joli casse-tête pour Strambio, un ticket en or pour Schreck, et rien de vraiment nouveau pour les Dracénois, désormais rodés aux marcatos politiques qui agitent la droite varoise ces derniers mois.

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